20/03/2011

Warneton - Balade patrimoine avec Martin Windels, guide nature

DSC03638 [800x600].JPGCe dimanche, par un temps ensoleillé et printanier, Martin Windels avait convié les amateurs de balade à découvrir ou redécouvrir les abords du nouveau tracé de la Lys à Warneton avec en point de chute la visite du Vert Digue peuplé de très nombreuses espèces d'oiseaux. Le petit groupe démarra de la Place de l'Abbaye pour doucement arriver aux abords de la lys après avoir traversé le premier pont (frontière) enjambant la lys dans son tracé initial et ensuite un second enjambant le cours d'eau après le travail des hommes.

Le petit groupe arriva sur le chemin de halage par la Route de Quesnoy à Warneton (France).  Et Déjà on en avait appris des choses, car Martin est loquace lorsqu'il s'agit de parler nature et patrimoine et sa connaissance dans ce domaine est très étendue. De plus, il est un narrateur comme on les aime, c'est à dire très proche des gens, simple, chaleureux et ayant un verbiage simple mais de connaisseur. Il sait également agrémenter ses explications de petites questions simple mais qui intéressent  le public et aussi de glisser de temps à autre un mot pour dérider les plus réservés. DSC03690 [800x600].JPG

J'ai été très étonné de sa connaissance approfondie de l'histoire de la Lys depuis plus de 10.000 ans. C'est ainsi que l'on apprend comment le paysage était, comment les hommes ont géré par la suite ces rivages et cette plaine et on se rend compte que nos ancêtres était plein de bon sens et très intelligent quand il fallait s'implanter dans un lieu. Pas question de se laisser envahir par les eaux et éviter les absurdités du monde moderne tel que la construction de la nouvelle ville de Vaison- la-Romaine, pour ne citer que cet exemple très connu depuis la catastrophe des années 90.

Le tour des résidents des berges de la Lys vient ensuite avant de s'entendre discourir sur les variétés d'oiseaux que l'on retrouve dans cette partie de l'entité. Les explications de Martin sont tellement précises tout en restant accessibles au public néophyte, que c'est boire ses paroles que chacun fait. Martin et ses balades, ce n'est que pur bonheur et quand le temps est de la partie c'est un après-midi de rêve que l'on vit.

Les enfants, peu nombreux dans ce type de balade manque un peu, car il est nécessaire que les jeunes générations comprennent la nature et ceux qui la peuple pour comprendre qu'elle est magnifique, mais fragile et trop agressée par l'homme. C'est en écoutant des gens comme Martin que l'on se rend compte de la précarité de l'équilibre dans la nature. Le guide nature nous donne une véritable leçon de vie. Merci à lui.

louis vandeskelde

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Ploegsteert - Opération batraciens - Interview de Martin Windels, guide nature

opération,batraciens,martin windels,ploegsteert,p.c.d.c,comines-warnetonQu'est-ce donc cette "opération batraciens". C’est le P.C.D.N. (Plan Communal de Développement de la Nature) qui a mis sur pied cette initiative on ne peut plus louable. La ville de Comines-Warneton, par le biais du P.C.D.N. et du service technique de l’entité, met en place des bâches au nord du Chemin de la Blanche à Ploegsteert. Pourquoi ces bâches placées dès le moins de janvier de l’année ? Tout simplement pour éviter aux batraciens de se faire écraser à tout va lors de la traversée de cette voirie. C’est que nos grenouilles et crapauds veulent absolument aller de l’autre côté, venant de leurs quartiers d’hiver pour migrer vers un quartier de printemps dans le but de se reproduire en toute quiétude. Ce lieu étant la réserve naturelle des briqueteries de Ploegsteert, le chemin le plus court s’avère être aussi le plus dangereux. C’est donc ces bâches qui gèrent le chemin des batraciens qui tombent dans les sceaux placés à distances régulières le long de cette bâche. Et chaque jour, de février à avril, des bénévoles se rendent sur place dès potron-minet où après le coucher du soleil pour enlever les récipients et déverser les prisonniers, malgré eux, sur la berge en face. Il est aussi d’autres espèces qui font le voyage, les tritons par exemple. Mais, tout comme les grenouilles, on en voit de moins en moins, bien malheureusement.


COMMENT CELA SE PASSE SUR LE TERRAIN ?

Je laisse la parole à Martin Windels, notre guide nature, un pionnier dans son genre qui porte un amour sans borne à notre belle nature et qui organise toute l’année des  sorties guidées intitulées " Balade des patrimoines"  pour partager avec le public la découverte de nos patrimoines : patrimoine nature, patrimoine local, patrimoine historique…bref un patrimoine humain.

"Ça semble compliqué mais ça ne l'est pas.

L'opération batraciens, se déroule tous les jours de la semaine et du week-end à partir de la mi-février chez nous.

Le matin et le soir (avant le lever ou après le coucher). Moi j'y vais souvent vers 20H30 - 21H00 ou parfois à 23H en fonction de mes horaires.

Maintenant chacun fait selon ses disponibilités.

Ça se passe comme suit :

On s'équipe d'un seau, d'un body de circulation (car les chauffards ne manquent pas), d'une lampe de poche et de quoi noter.

Quel que soit l'extrémité où on débute,

- on note le numéro de la bâche (important)

- on regarde bien dans chaque seau

- s'il y a quelque chose,

- on détermine l'espèce et le sexe

- on note ce qu'on a vu

- on place le ou les animaux dans un seau qu'on apporte

- lorsque le seau est bien rempli et en fonction des accès, on traverse la route et on se rapproche le plus près possible de la limite des trous d'extraction

- on déverse les animaux délicatement et on recommence.....

Après la fin de saison (début avril en général) on rentre toutes ses notes au P.C.D.N. à l'Hôtel de ville de COMINES."

Pouvez-nous expliquer le pourquoi, non pas de la  disparition des batraciens, mais à tout le moins d’en voir beaucoup moins qu’il y  quelques décennies

"Notre population d'amphibien est en régression pour diverses causes (dont les effets se cumulent) :

-         disparition ou modification de son habitat (déforestation, assèchement des zones humides, rectification des cours d'eau, endiguements, pollution...),

-         ils passent l'hiver dans les bois et effectuent une migration de reproduction en direction de leur lieu de naissance, mares, étangs, rivières... pour s'y accoupler et pondre leurs œufs. Ce périple est semé d'embûches. Les axes de circulation routière sont très meurtriers. Selon des études, 30 à 40 % d'une population peut être écrasée par les véhicules lors de la migration prénuptiale. Pourtant des solutions existent : les crapauducs, système de tunnel sous les voies de circulation ou les barrières pièges qui, à l'inverse des tunnels, sont provisoires et demandent à être réinstallées chaque année. Les pièges, composés de bâche plastique ou de grillage et de seaux, nécessitent une présence humaine importante. En effet, il faut les relever tous les jours. Les tunnels permanents sont la meilleure solution."

Comment pouvons-nous classifier les amphibiens que l'on retrouve dans notre entité

"Chez nous, la classe des amphibiens comporte deux des trois divisions principales :

Les ANOURES :
Et pan, voilà encore un mot que personne ne comprend. Attendez, je vous explique : ça vient du A privatif (qui veut dire : sans ou qui n’a pas) et de oura ouros = queue. Ce sont des amphibiens qui n’ont pas de queue à l’état adulte + un corps trapu et les membres postérieurs palmés et longs adaptés au saut.

Ladies en gentlemen’s, aïe* prisent :
* Avec l’accent c’est mieux, mais je vous rassure j’ai pas eu mal.

Grenouilles vertes(Rana complex esculenta),
Grenouille rousse
(Rana temporaria),
Crapaud commun
(Bufo bufo),
Rainette verte
(Hyla arborea) : plus présente chez nous (ou n'a jamais été présente chez nous ?)."

Merci à notre ami Martin que nous ne manquerons pas de revoir bien vite, il est une mine de renseignements pour tous ceux qui aiment la nature et les animaux qui y vivent.

louis vandeskelde

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