05/07/2012

Warneton : Pollution dans le bras-mort de la Lys.

DSC_0234.JPGCe dimanche 1er juillet Philippe Mouton, conseiller communal Ecolo, s’est rendu au bras mort de la Lys à Warneton qui se situe juste derrière l’usine CL Warneton.

Suite aux chaleurs de ces derniers jours, la niveau de l’eau a fortement diminué et il s’est alors aperçu qu’une quantité anormale de vase noire apparait dans la partie amont du bras mort sur une surface de 100m² environ. Philippe Mouton a décidé de ne pas en rester là et s’est rendu sur place ce jeudi accompagné d’un policier de l’environnement.

Philippe Mouton : « Les quantités de vase noire sont énormes et "anormales" des centaines de mètres cubes, voire un millier.
Il y a un rapport certain de ces vases avec un fossé jouxtant le chantier de l'extension de l'usine Cl Warneton. En outre, des tuyaux venant du terrain de la firme CL Warneton débouchent dans ce fossé.


Les couleurs de l'eau et des boues dans le fossé et le bras mort sont semblables à ce que j'ai pu observer dans la Douve quand une entreprise de Messines lâchait des matières dans le ruisseau des Quatre Rois coulant vers la Douve.

Ici, ce dimanche, des boules de substance noire semblent éclater et se diluer dans l'eau gris foncé, tout comme ce que j'ai vu sur la Douve il y a quelques années. Il s'agirait peut-être de substances en fermentation.

Je suis fortement impressionné par les éléments que j'ai pu observer, à savoir la quantité énorme de boues dans le bras mort, l'absence de toute vie animale dans cette zone alors que la faune s'y développait de manière spectaculaire ces dernières années, la provenance de cette boue qui a coulé d'un fossé où dimanche on en trouvait énormément.DSC_0227.JPG

On voyait que ces boues du fossé avaient été soumises à un courant d'eau important car elles s'étalaient de façon caractéristique, comme caressées par de l'eau en mouvement. Je tiens à signaler que la Lys est en situation de déclassement par rapport à plusieurs critères. Une lettre de la Préfecture du Nord produite à l'occasion de l'enquête Publique de l'extension de l'usine en atteste.

J'ai demandé à la Police de l'Environnement de se rendre sur place afin de mener une enquête d'urgence, car je crains que le milieu ne soit complètement détruit ainsi que des indices de provenance de ces matières. Durant les enquêtes publiques, je n'ai pas manqué de signaler la valeur naturelle de ce bras de Lys et aussi les pollutions par l'huile en 2009 et une hécatombe de poissons survenue en 2010.

Au conseil communal de la ville, j'ai de nombreuses fois insisté sur la fragilité des milieux dans la vallée de la Lys. Le jeudi 5 juillet, à 14h 15, j'ai été sur place avec un fonctionnaire de la Police de l'environnement.  Malgré les pluies abondantes de la veille, le niveau de l'eau n'est pas beaucoup remonté. Les vasières sont très visibles, mais surtout, elles sont devenues pestilentielles.

Il y a au moins 1000 m3 d'une boue noire très puante et constellée de bulles qui explosent en surface. La chaleur contribue à provoquer cette odeur insoutenable qui prend à la gorge. Nulle vie ne se développe plus ici, seul, une foulque semble perdue au milieu de ce désastre. Nous remontons le fossé perpendiculaire au bras mort d'où proviennent sans doute ces boues. Le fossé contient beaucoup d'eau et de ce fait la boue y est moins visible que dimanche soir. Les canalisations provenant de la direction de l'usine sont toujours présentes.

DSC_0231.JPGNous sommes impressionnés par la quantité et par l'odeur de ce qui remplit toute la partie amont du bras-mort. Cette boue n'est pas issue d'une production de ce qui se trouvait naturellement dans l'eau de ce bras mort, mais elle vient d'ailleurs.
Vers 14h45, je prends congé du fonctionnaire de la police de l'environnement qui part vers l'usine CL Warneton. Je ne parviens pas à comprendre comment une entreprise "aurait" pu prendre le risque de répandre ces boues dans ce bras mort de la Lys.  Si ces boues ont une autre provenance, alors laquelle ? ».

Philippe Mouton ajoute qu’en tant que Conseiller Communal plaignant, il se tiendra au courant de la suite de ce dossier qui l’interpelle au plus haut point. Selon lui, les boues issues de la station d'épuration sont valorisables en agriculture selon les clauses du permis et il n'y aurait donc aucun intérêt à les éliminer. « Je tiens absolument à employer le conditionnel dans mes phrases, car à l'heure actuelle, l'enquête de la Police de l'Environnement ne fait que commencer ».

Franck Clarion