12/06/2012

Procès Jratlou : Wasir dit tout et son contraire

younes2.JPGMONS 12/06 (BELGA) = Au cinquième jour du procès de Mohamed Jratlou, 71  ans, accusé du meurtre de son fils Younes, la cour d'assises du  Hainaut a visionné les vidéos filmées des auditions de Wasir, le frère  aîné de la victime, âgé de 8 ans au moment des faits.

Younes, 4 ans  avait disparu la nuit du 25 au 26 octobre 2009. Son corps avait été  retrouvé dans les eaux de la Lys à Comines deux semaines plus tard.    

Après avoir demandé à Wasir de se présenter, l'enquêtrice, formée en  psychologie enfantine, échange quelques banalités avec lui. Sans donner  de détails, le garçon embraye rapidement et spontanément sur la  dispute qui a éclaté entre ses parents le soir des faits et répète à  plusieurs reprises que son frère est parti à la recherche de leur mère  dès qu'elle est sortie. 


Hormis cet élément factuel, il n'apporte aucune précision  complémentaire et s'égare dans des explications confuses et parfois même  incohérentes. Il parle notamment d'un voleur qui aurait offert des  bonbons, avant de préciser à la requête de l'inspectrice, que c'est à la  télévision qu'il a entendu cette version. 

Son discours semble pollué par de nombreux éléments extérieurs et  la policière en charge de l'interrogatoire incite régulièrement  l'enfant à se recentrer sur l'essentiel, à savoir, le laps de temps  écoulé entre l'altercation de ses parents et l'instant où Mohamed Jratlou  signale la disparition de Younes au commissariat. 

Me Karim Itani, qui représente les intérêts de Wasir, souligne que l'interrogatoire, qui se fait le lendemain de la disparition de Younes, alors que l'enfant exprime clairement des signes de fatigue. 

Dans une seconde audition, en novembre 2010, Wasir présente une  autre version des faits. Il dit tout et son contraire. Selon lui, son  père serait parti à la recherche de sa mère les laissant seuls lui et  Younes. Sous l'insistance de Wasir, Younes et lui seraient allés  dormir au salon 'parce qu'il y avait école le lendemain'. A son  réveil, Younes n'était plus là. "Mon père, il n'a pas fait gaffe, il a  laissé la porte ouverte et mon frère est sorti", affirme l'enfant.  "J'ai l'impression que tu sais ce qui s'est passé mais que tu ne veux  pas le dire", confie l'inspecteur. "Non, moi je n'ai rien vu", répond  vivement l'enfant. A aucun moment Wasir ne montre d'émotion. Pas de  tristesse ou d'inquiétude, ni dans sa voix ni dans son attitude. FCH/

15:22 Publié dans Faits divers | Lien permanent | |  Facebook | | |  Imprimer | |