22/05/2012

Canal Ypres-Comines, toute une histoire : Promenade le long du canal avec le CCCW et Eco-Vie.

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Ce samedi 19 mai, le Centre Culturel et Eco-Vie ont organisé une promenade originale le long du canal Comines-Ypres.

Rendez-vous était donné à la gare de Comines à 9h45, pour prendre le train à 1Oh12 vers la gare d'Ypres. Arrivée à destination, les vingt-six marcheurs ont entamé les quinze kilomètres qui les séparaient de leur point de départ en longeant le vieux canal désaffecté.

Après avoir marché 300 m en ville, les marcheurs arrivent déjà sur les rives du canal. Ils y marchent en sécurité sur une voie dédiée aux piétons et aux cyclistes. Philippe Mouton, Vice Président d'Eco-Vie a guidé le groupe avec Charlotte Collot une stagiaire guide nature et Nadine Beerlandt la directrice du Centre Culturel.

A leur arrivée à Ypres, Nadine Beerlandt fit d'emblée le lien entre la promenade et plusieurs événements culturels printaniers, à savoir le projet Art et terre, l'exposition "le canal toute une histoire" et "Entre lacs" à Villeneuve d'Ascq. 


Les premiers biefs du canal sont très bien exploités comme réserves naturelles, ils sont poissonneux et riches en batraciens. Dans les roselières des berges, les marcheurs ont pu observer des rousserolles et des foulques pendant un véritable concert de grenouilles. Après quelques données sur l'histoire de la ville drapière, il fut question d'élucider le mystère du canal. Pourquoi un canal, pourquoi tant de travail et de tentatives pour finalement abandonner le projet de liaison entre le bassin de la Lys et celui de l'Yser ?

C'est peut-être Vauban, au siècle du roi Soleil qui donne la réponse dans une description de l'argile yprésienne. Celle ci se craquèle infiniment durant la sécheresse en formant des plaques polygonales qui glissent les unes contre les autres dès que la pluie revenue s'insinue dans les profondes crevasses qui les séparent.

Ces caractéristiques physiques seront la cause des échecs répétés de creusements de tunnels, d'affaissements de berges et de destruction de ponts qui ponctuent soixante années de labeur dans nos campagnes, en pleine révolution industrielle.

Aujourd'hui, la nature reprend ses droits et depuis des décennies le canal est un site protégé et valorisé. Les lieux les plus connus et les plus verdoyants se situent au Domaine Provincial du Palingbeek dont un marcheur remarquable dans cette belle journée, Monsieur Jan Hardeman, évoqua l'avènement épique dans les années septante.

Charlotte Collot fit découvrir les vieilles écluses aux murs végétalisés, tandis que Philippe Mouton fit comprendre qu'au passage de la ligne de partage des eaux, le souci majeur était d'épargner le plus possible l'eau des biefs déjà si rare.

Le temps passant vite, un pique nique bienvenu et chaleureux soulagea les jambes autant qu'il rassasia les appétits. Il ne leur restait plus qu'à se laisser aller vers le lieu dit l'entrepôt, cette fois ci, les eaux des biefs et des ruisseaux descendaient vers la Lys.

Bientôt, après avoir traversé le territoire d'Hollebeke, le village d'Houthem s'aperçut à l'horizon.

Partout la végétation était luxuriante, çà et là des abris de 14 18 témoignaient de la fureur des combats, la terre rendant un à un ses obus enterrés. Les marcheurs sont passés dans un grand cimetière. Un poème lu par Jan Hardeman le leur a rappelé.

Comines est en vue. Cette journée était ponctuée par la lecture d'un poème en patois picard de la plume de Geneviève Pitteljoen : Comanes.

Sandy et moi les attendions dans le grand chemin de Messines pour immortaliser cette journée par une photo de groupe.

Franck Clarion – Sandy Sutherland (Merci à P.Mouton pour les infos)