11/12/2011

Warneton : Conférence annuelle organisée par la socièté d'histoire

IMG_1851-Copier-638x426.jpgSamedi soir s'est donnée la conférence annuelle de la Société d'Histoire de Comines-Warneton, dans le hall des sports de Warneton.

Châteaux, forts, fortins et villas bourgeoises dans la vallée de la Lys, de l’Antiquité au Moyen Age et à nos jours

Un titre qui a tenu toutes ses promesses et même au-delà.

Francis De Simpel nous fit remonter le temps jusqu'à la civilisation de Mickelsberg à laquelle il fit allusion en parlant de la "Montagne du château à Warneton. Il remonta aussi la Lys, car son exposé débuta dans les douves du château de Comines pour atteindre en fin de parcours les frondaisons du château de Nieppe. Plan, cartes et photos illustrèrent les descriptions toujours précises du "maître" tandis que les anecdotes choisies prenaient chair dans son auditoire captivé.


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La rivière, ligne de force de cette conférence, nous révèle encore aujourd'hui les mystères de ses paysages pour qui comme les historiens locaux savent analyser les indices et les preuves de cette énigme en marche qu'est l'histoire.

Le château de Comines le long de la Lys, la motte de Wartembecke le long du Kortekeer, stratégiquement placés aux limites des seigneuries ou au carrefour des routes et des voies d'eau nous parlent au travers des épisodes relatés par des cartographies d'époques différentes. Les cartes de Deventer, les album de Croy, les œuvres de Sanderus, constituent un véritable trésor iconographique dans lequel l'ont peut puiser aujourd'hui les repères chronologiques indispensables à une bonne compréhension de notre 'histoire locale, ô combien, mouvementée et complexe.

Les "Lignes de Comines" reliant les fortifications d'Ypres à celles de Comines, si elles ont perdu leurs redoutes laissent dans la mémoire collective d'Houthem, "la Chicane" et plus loin, le Château d'Hollebeke. En en faisant mention, Francis DeSimpel signala que le tome des Mémoires de cette année présentait un article sur le thème des "Lignes de Comines" voulues par Vauban lui-même afin de protéger la route de Lille à Ypres .

Sept places fortes sur 5 kilomètres de Lys et de Deûle de part et d'autre de Warneton.

D'est en ouest : une "commanderie templière" dont le fossé est toujours visible en amont du site du Vert Digue le long du halage de la Lys rectifiée, la motte du château de Warneton est constituée par une dune naturelle mais aussi par de nombreux remblais. Des fouilles ont permis de retrouver des indices de présence humaine depuis la préhistoire, un château est signalé en ruine avec des fossés alimentés par la Douve et la Lys à l'époque moderne et des vestiges d'abris de la guerre 14-18 sont visibles dans les flancs du relief. Les remparts autour de la ville de Warneton subsistent dans l'étymologie du nom des rues de la ville.

subsistent dans l'étymologie du nom des rues de la ville.

La Petite Haie et son site fossoyé.

Le Casteler à l'embouchure de la Deûle dans la Lys a fait l'objet de nombreuses remarques de la part du conférencier. Il s'agit d'une place forte érigée au confluent des rivières et qui permettait le contrôle de la navigation, importante dès le début du moyen-âge. Sur les cartes anciennes l'endroit est désigné par une vaste motte surélevée. Il se pourrait que cette fortification ait une origine gauloise. Le chantier de rectification de la Lys et de la Deûle a éliminé les derniers indices concrets, mais il se fait qu'actuellement, une butte conséquente à ce chantier récent s'élève à quelques mètres de la présumée antique. Le nom même de Deulémont viendrait de cette élévation artificielle.

Le château près des écluses de Deulémont servait à les protéger depuis le 12 ème siècle et enfin la redoute près du Pont Rouge bâtie là pour protéger le passage du pont et la route vers Ypres et Lille.

Plus près de notre époque, les photos de nombreuses villas et châteaux récents montrèrent le lien entre impératifs stratégiques des mottes médiévales et les démonstrations de prestige des industriels du dix-neuvième siècle, férus d'histoire ou même d'orientalisme. Toits de chaume, tourelles, coupoles et terrasses, tours d'eau et ponts des châteaux de plaisance à Comines, Bas-Warneton, Warneton, Houplines, Ploegsteert, Nieppe prouvent la nostalgie d'un temps parfois idéalisé.

A la clôture de cette très intéressante soirée, les ouvrages défensifs de la récente guerre 1914-18 nous livrèrent un secret, celui d'un dessin naïf tracé dans le béton frais d'un abri à Ploegsteert. "L'homme à la pipe", dessiné par un inconnu et repéré grâce à l'œil vif d'un archéologue de terrain et dont l'image nous est parvenue hier soir. "L'homme dans la guerre reste un homme, c'est la guerre qui est inhumaine".

Le tome 41 des Mémoires est disponible pour 20,00 €.

Merci à Philippe Mouton pour les infos