29/06/2011

Le point sur la sécheresse à Comines-Warneton avec José Ryckebosch

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José Ryckebosch devant un champ désastreux

J’ai rencontré José RYCKEBOSCH, choisi par les agriculteurs comme responsable de leur organisation (Il est le président de la section locale de la FWA) pour ses compétences et ses avis toujours plein de bon sens afin d’avoir son avis sur la situation des agriculteurs par ces temps de sécheresse mais aussi ce qui est perdu, ce qui reste possible et l’avenir des plantations diverses.

On sent d’abord l’homme avant l’agriculteur dès notre entretien. Un homme qui aime la nature et qui s’efforce de concilier agriculteurs et nature, monde agricole avec l’ensemble de la population. Il est un homme pondéré, et il faut bien admettre qu’il est une sorte de « gentleman agriculteur ». José nous explique qu’en ce qui concerne le fourrage, il faut malheureusement  constater que 50% de pertes sont à mettre sur le compte de la sécheresse. Il nous dit que bien des éleveurs ont entamé leur réserve d’hiver ce qui ne présage bien évidemment rien de bon dans les mois à venir. Les pâturages ne donneront que peu de fourrage, on s’en rend compte sur une des photos jointes. Et je passe sur les détails concernant les divers types de prairies avec leurs qualités propres, le tout suivant le type de sol. Chose très importante quand on sait qu’à Ploegsteert, il s’agit d’un sol argileux et qu’à Comines, il s’agit d’un sol sablo-limoneux. Dans le premier car, le sol sera retourné avant l’hiver, dans l’autre, au printemps souligne encore José.  Notre interlocuteur nous  signale qu’une motion a été déposée pour permettre un fauchage anticipé.


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Semé à un bon moment

Il signale qu’il serait aussi intéressant de remplacer la moutarde  (plante qui sert en effet d’engrais vert) par de l’herbe pour parer aux difficultés connues à ce jour. Un autre exemple est celui du Maïs qui peut être semé après que les terres aient servies de prairies. L’herbe permettant de capter les nitrates  mais également d’avoir de l’herbe jeune et calorique.  Si l’énergie lumineuse est importante, un apport d’eau est essentiel. Les premiers  semis ont été lamentable nous dit José, et il me montre effectivement la pauvreté de ce champ  situé à Houthem. Certains agriculteurs ont déjà ressemé par-dessus  certains  semis en espérant une météo avantageuse  ce qui est loin d’être gagné. Mais il  n’est pas rare que les  plantes  semées après coup rattrapent les premières  car la nature est imprévisible. José reviens aussi sur ces conditions météo très défavorable. Pour les cultures, il faut bien dire que depuis le 20 février, il n’a pas plu, à tout le moins pour ce qui est d’une pluie bonne pour les agriculteurs. Que du contraire, orages violents et fortes pluies ne sont que cause de dégâts. Ce mardi, la commission des dégâts s’est rendue à Comines-Warneton pour évaluer la situation. Cette commission est composée d’un représentant du ministère de l’agriculture, un représentant des contributions (local) et 3 ou 4 agriculteurs, lesquels sont tous spécialisés dans un domaine précis. Une aide sera demandée au ministre régional et fédéral pour « adoucir » les pertes. Si pour le fourrage, c’est « foutu », il faut attendre l’automne pour évaluer  l’impact pour l’ensemble des cultures. Une betterave sera plus résistante qu’une pomme de terre. Par ailleurs, José nous précise que pour la « patate », ce n’est pas folichon, terre trop sèche, petit gabarit et petite production. Ces plans de P.D.T. ont été plantés le 13 mars. Les pertes existent, et la situation pourrait devenir encore plus alarmante mais c’est parfois bien pire ailleurs, enchérit José.  Il reste lucide, oui, des régions souffrent plus encore mais il faut agir. Je lui ai posé la question de savoir pourquoi ne pas arroser ? C’est une bonne idée, mais il manque de trous d’eau, il manque de marres et pour ce qui est de l’eau de la lys, c’est bien trop onéreux que d’aller puiser de l’eau. Voilà qui est dit. Nous avons encore discuté des nouvelles techniques, des nouveaux engins agricoles et comme il est de mon âge, se remémorer le travail des années 60 et 70. Oui, tout a évolué, les machines ont remplacé les chevaux, mais l’agriculteur a toujours un timing serré. Un superbe travail autant qu’une passion, nous dit José mais le progrès auquel les fermiers doivent adhérer n’est pas sans désavantage. Allez-vous plus vite et faite vous plus vite votre travail depuis l’apparition du fax, du GSM, du GPS, d’internet ?? Non, que du contraire. Et José de terminer en disant que toutes les professions sont difficiles à gérer, et que des impératifs parfois saugrenus nous « bouffent » la vie de manière quasi quotidienne. Une bonne heure plus tard, je suis retourné chez moi content d’avoir rencontré cet homme avec une grande ouverture d’esprit. Merci José. 

Louis Vandeskelde

11:45 Publié dans Comines-Warneton | Lien permanent | |  Facebook | | |  Imprimer | |