Houplines : Partez à la découverte de l’intéressant musée de la lithographie (20/10/2011)

houplines.jpgSitués à un jet de pierre de la Belgique, sur la berge d’un des bras morts de la Lys, les bâtiments de l’ancienne brasserie Roussel abritent en leurs murs un étonnant et merveilleux musée consacré à la lithographie.

Plus qu’un musée, il constitue l’un des derniers centres de création et de production lithographiques de France.
 
Comme cela est bien souvent le cas, ce musée est né d’une initiative privée signée Paule Clayessens.
Née à Tourcoing, Paule Clayessens a très vite possédée par la fibre artistique. Pa étonnant dès lors qu’elle s’inscrive aux Beaux-Arts, à Tourcoing pour y suivre des études artistiques qui la mènent au poste de professeur en arts graphiques. Un premier poste qu’elle obtient à Tourcoing, sa ville natale.

Mais, très vite, Paule Clayessens se rend compte que ce métier n’est pas fait pour elle.
Que faire ? C’est alors qu’elle décide de vivre de son art. Depuis ses études, notre artiste a développé une véritable passion pour la lithographie, collectionnant nombre de lithos d’artistes connus. Son favori : Honoré Daumiez (1808-1879) qui a beaucoup travaillé pour un journal satirique « Le Charivari » avec lequel il a collaboré durant 27 ans.
 
Qu’est-ce que la lithographie ?

 
Inventée par l’Allemand Aloïs Senefelder, à Munich en 1796, la lithographie (du grec lithos (pierre) et graphein écrire) est une technique d’impression à plat qui permet la création et la reproduction, à de multiples exemplaires, d’un tracé à l’encre ou au crayon sur une pierre calcaire.
Le succès de la lithographie tient à sa facilité : l’artiste peut dessiner sur la pierre comme il a l’habitude de dessiner sur le papier, avec relativement peu de contraintes techniques. Les pierres peuvent être réutilisées après impression, moyennant un polissage. La lithographie devint populaire dès le début du XIXe siècle, avec la publication de nombreux recueils, illustrant par exemple de nombreux récits de voyages, correspondants à l’invention du tourisme.
Au milieu du même siècle, grâce au procédé de chromolithographie, mis au point par Godefroy Engelmann, l’imagerie d’Epinal délaissa la gravure sur bois pour passer à la lithographie. La réclame eut recours à la chromographie pour produire des images à collectionner, des calendriers et des…chromos. Meilleure marché que la peinture, la lithographie a rapidement intéressé de nombreux artistes, notamment Toulouse-Lautrec.
 
A la découverte du musée

 
C’est par la grande pièce consacrée aux expositions temporaires, pas toujours, ni toutes consacrées à la lithographie, que nous faisons connaissance avec ce musée. Régulièrement, Paule Clayessens invite peintres ou sculpteurs à profiter de cet espace convivial pour y présenter leurs œuvres les plus récentes. La visite de cette première pièce terminée, de suite, nous sommes plongés dans le monde de ce système d’impression qu’est la lithographie. Une présentation par thèmes avec, entre-autres,
des réalisations consacrées à l’industrie textile, à celle de l’alimentation, au domaine brassicole.
A ce propos, signalons que Paule Clayessens a également fait imprimer une brochure sur la bière et son histoire. La région est également bien représentée avec des documents relatifs au Vieux Lille, mais aussi à Comines…France ! Dans la pièce du fond, presque à proximité de la Lys, une vieille presse est installée. Elle provient de l’école Saint-Luc, à Tournai. La section lithographie ayant cessé ses activités, Paule Clayessens s’est dépêchée de s’en rendre propriétaire. Une presse qui sert encore souvent, notamment lors des ateliers organisés en mai, afin de faire découvrir aux enfants ce qu’est la lithographie.
Etrangement, le musée ne sert pas à faire découvrir l’histoire de lithographie…C’est la conservatrice qui s’en charge, truffant son commentaire d’anecdotes.
C’est ainsi que Paule Clayessens nous apprend que c’est le cardinal de Richelieu, personnage influent sous le règne de Louis XIII, qui autorisa la publication d’un journal dénommé « La Gazette ». Peut-être en souvenir de l’un de ses quatorze chats qui s’appelait « Gazette » ! Mais, il se pourrait que ce nom soit dérivé du mot vénitien « Gazzeta » attribué à une pièce de monnaie de peu de valeur (deux sous) avec laquelle, à Venise en 1555, on achetait une feuille imprimée tous les jours, nommée justement « la gazeta de la novità », sur des thèmes d’actualités et d’information.
Signalons que la section « Région » présente plusieurs œuvres personnelles de Paule Clayessens. Outre une magnifique litho de représentant la façade de la cathédrale d’Amiens, l’on y trouve aussi quelques uns des beaux bâtiments du Vieux Lille, ainsi qu’une vue du palais de Justice de Douai, bordant la Scarpe. Et la conservatrice de nous parler de Vidocq, véritable roi de l’évasion qui se serait également évader de…Douai. D’abord bandit de grands chemins, Vidocq allait devenir indicateur de la police avant de devenir…policier !
 
 
Points pratiques

Le musée et la galerie d’art sont ouverts en permanence du mardi au samedi, de 13h à 17h. Fermé dimanche, lundi, jours de fêtes et jours fériés (sauf sur rendez-vous). Entrée libre et gratuite pour moins de 10 personnes, ensuite 1,5 € par personne pour la visite gratuite.
Adresse de contact : Musée de la lithographie, 21, rue Camille Desmoulins, à 59116 Houplines. Tel : 00 33 3 20 30 62 34. Courriel : contact@musee-lithos.org
 
Bonne et enrichissante visite à toutes et à tous. 
 

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