06/05/2012

Comines-Warneton : Il faut préserver le devoir de mémoire !

memoire1.jpgPour Chantal Bertouille, il faut préserver dès aujourd’hui  le Devoir de Mémoire auprès des générations qui n’ont pas vécu directement  ces atrocités…demain il sera trop tard.

Pour beaucoup, le 8 mai ne signifie plus grand-chose…c’est un jour de la semaine comme les autres et d’ailleurs il n’est même plus férié et nous n’avons pas congé en Belgique.

Interrogés sur la signification du 8 mai ou encore du 11 novembre, la plupart de nos concitoyens hésitent, doutent ou tout simplement ne connaissent pas le sens de ces 2 dates.

Ainsi, si le 8 mai est historiquement le jour de la fin de la seconde guerre mondiale dans notre pays, il est devenu depuis quelques années, le jour dédié spécifiquement au Devoir de Mémoire, alors que le 11 Novembre est, quant à  lui, consacré prioritairement au souvenir des combattants et des victimes de ces deux conflits.


Chantal Bertouille, petite-fille de prisonnier politique mort dans un camp de concentration nazi, a toujours veillé à ce que le souvenir et la mémoire de ces atrocités ne soient jamais oubliés « Cela fait partie d’un devoir d’éducation civique. Il faut montrer aux jeunes que si l’on n’y prend pas garde nos libertés peuvent rapidement être limitées et que l’on peut facilement en être privé »

Chantal Bertouille a donc décidé de mener au quotidien un combat pour la préservation de ce Devoir de Mémoire. Ainsi par exemple à Comines, un projet intergénérationnel vient d’être achevé à l’initiative de la Commission de préservation du patrimoine architectural des cimetières de Comines-Warneton qui a permis à plusieurs jeunes Cominois d’interroger les victimes encore en vie et de recueillir leurs témoignages qui ont été transposés sur DVD. « Ce travail était important pour les jeunes. Des liens se sont réellement tissés. Ce travail devait être accompli maintenant, plusieurs témoins sont décédés depuis que les séquences vidéo ont été tournées. C’est à une transmission de flambeau que nous avons assisté. Ces jeunes sont devenus des Passeurs de mémoire », souligne Chantal Bertouille.

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L’objectif de Chantal Bertouille est également de toucher un plus large public et à l’heure d’Internet et des séries télévisées, il n’est pas toujours évident de les sensibiliser face un sujet aussi lourd : « Les gens apprécient les belles histoires, avec des rebondissements. Le public s’attache également aux héros atypiques, qui n’hésitent pas à remettre en cause le système et à bouleverser les règles. Ainsi, je crois que la plupart des Belges ignorent que l’un de ces héros était belge. Il s’agissait d’Antoine Depage ».

Antoine Depage n’était au départ pas destiné à la médecine. Peu discipliné, son père le destinait à la reprise de la ferme familiale. C’est un peu par défi et par hasard qu’il s’inscrira en médecine à l’ULB. Brillant chirurgien, il s’impliquera dans la modernisation des soins de santé à Bruxelles qui étaient aux mains essentiellement de l’Eglise et sera l’instigateur de la professionnalisation des soins infirmiers en Belgique avec l’aide d’une nurse anglaise Edith Cavell. Proche de la famille royale (il soigna le roi Léopold II sur son lit de mort), Antoine Depage se verra confier l’organisation des soins de santé sur les champs de bataille…. au grand dam des officiers qui voyaient d’un mauvais œil qu’un civil remette systématiquement en cause leur organisation (largement inefficace) établie dans de beaux salons au profit d’un système inventif et novateur mis au point par Depage lui-même. Ayant des responsabilités grandissantes, Depage n’en conservera pas moins un fichu caractère….n’hésitant par exemple pas à bousculer le protocole en apostrophant vertement la reine Elisabeth venue lui donner un coup de main durant une opération.

Pour Chantal Bertouille, ce qui est passionnant dans cette histoire d’Antoine Depage, c’est que derrière cet aspect sévère, Antoine Depage restera profondément humain. Ce qui lui importait avant tout, c’était le bien-être de ses patients, il persévèrera sur cette lancée malgré les drames qui le toucheront directement (Son épouse Marie disparut lors du naufrage du Lusitania et Edith Cavell sera fusillée par les Allemands). Il était important non seulement de lui rendre hommage, mais de raconter son histoire au travers d’un ouvrage qui lui est consacré et qui s’inscrit dans le Devoir de Mémoire.

Ce livre de 120 pages est vendu au prix de 10 Euros (12 Euros si frais de port). On peut commander un exemplaire en versant le montant convenu sur le compte BE81 3101 2328 0824 du Centre Jean Gol, 84-86, avenue de la Toison d'Or, 1060 Bruxelles (02/500.35.11)